La DLC secondaire est la date limite d’utilisation qu’un restaurant fixe pour un produit ouvert, décongelé ou transformé. Une fois l’emballage ouvert, la DLC du fabricant n’est plus valable : c’est la consigne après ouverture qui s’applique, et la date d’origine reste une borne à ne jamais dépasser.
Sans consigne, l’exploitant fixe une durée prudente qu’il peut justifier, puis l’inscrit dans son plan de maîtrise sanitaire. Chaque produit entamé porte une étiquette interne, et un tableau relie produit, ouverture, consigne et justificatif. Aucune liste réglementaire de durées n’existe : méfiez-vous des tableaux génériques.
Pour qui
Chefs de cuisine, seconds, exploitants et responsables qualité de restaurants, brasseries, traiteurs et cuisines centrales qui tiennent un plan de maîtrise sanitaire.
Quand
À la rédaction du PMS, à chaque nouveau produit ou fournisseur, avant un contrôle sanitaire et chaque fois que les pertes d’entamés augmentent.
Ce que vous obtenez
Une méthode en six étapes, un tableau type produit, ouverture, consigne et justificatif, un modèle d’étiquette et un exemple chiffré fictif.
DLC secondaire : définition
La DLC secondaire est la date jusqu’à laquelle un produit peut être utilisé après une opération réalisée en cuisine : ouverture de l’emballage, déconditionnement, décongélation ou transformation. Elle remplace la date du fabricant, qui ne vaut que pour le produit intact, conservé dans les conditions indiquées.
Le terme n’est pas défini par un texte : c’est une notion professionnelle, utilisée dans les plans de maîtrise sanitaire. Le cadre général de l’hygiène est présenté dans notre dossier hygiène et réglementation, et la structure du PMS dans notre modèle de plan de maîtrise sanitaire.
Pourquoi la date d’origine ne suffit plus
Le fabricant fixe sa date pour un emballage fermé, parfois sous atmosphère protectrice. Dès l’ouverture, l’air, les manipulations et les variations de température changent la donne. Le ministère de l’Économie le rappelle : après ouverture, la DLC n’est plus valable.
Les produits concernés
Crèmes, sauces, charcuteries tranchées, fromages, ovoproduits, purées de fruits, produits décongelés, fonds et préparations maison. Les produits secs à DDM sont aussi concernés lorsque l’ouverture impose une conservation au froid.
DLC secondaire et DLUO
L’ancienne DLUO a été remplacée par la DDM, date de durabilité minimale. Le vocabulaire de votre PMS doit suivre : DLC, DDM et DLC secondaire.
DLC, DDM et DLC secondaire : les différences
Trois dates coexistent en cuisine. Les confondre conduit soit à jeter des produits encore sûrs, soit à utiliser des produits qui ne le sont plus. Le tableau suivant résume ce qui les distingue.
| Date | Mention | Qui la fixe | Portée |
|---|---|---|---|
| DLC | à consommer jusqu’au | Le fabricant, après tests | Limite impérative, produit fermé |
| DDM | à consommer de préférence avant | Le fabricant | Indicative, produit fermé |
| DLC secondaire | étiquette interne | L’exploitant | Produit ouvert ou transformé |
Sources : ministère de l’Économie et ministère de l’Agriculture. Le ministère de l’Économie précise qu’un produit à DLC dépassée est impropre à la consommation et ne peut être vendu.
La DLC, une limite impérative
Elle concerne les denrées réfrigérées très périssables : viandes, poissons, charcuteries, plats cuisinés réfrigérés. Les professionnels la fixent à partir de tests de vieillissement réalisés sur chaque produit, selon la DGCCRF.
La DDM, une date indicative
Produits secs, stérilisés ou déshydratés peuvent être consommés après la DDM, avec une perte possible de qualité. Depuis 2022, une mention complémentaire peut le préciser, comme l’explique le ministère de l’Économie.
Le cadre réglementaire de la DLC secondaire
Aucun texte ne fixe de durée après ouverture produit par produit. Ce cadre repose sur des obligations générales : sécurité des aliments, analyse des dangers, températures, traçabilité et information du consommateur.
Les règlements européens
Le règlement (CE) 852/2004 impose l’hygiène et des procédures fondées sur les principes HACCP. Le règlement (CE) 178/2002 pose la responsabilité de l’exploitant et la traçabilité. Le règlement (UE) 1169/2011 encadre la DLC et la DDM.
Les textes français
L’arrêté du 21 décembre 2009, modifié notamment par l’arrêté du 7 mai 2020, fixe les températures de conservation. La note de service DGAL N2011-8117 en précise l’application, y compris pour les durées de vie.
Le guide de bonnes pratiques
Le guide de bonnes pratiques d’hygiène du restaurateur, listé parmi les GBPH du ministère de l’Agriculture, traduit ces obligations en pratiques de cuisine, dont la gestion des produits entamés.
Qui fixe la DLC secondaire au restaurant ?
La date d’utilisation interne est fixée par l’exploitant, sous sa responsabilité. Pour les préparations élaborées à l’avance, la note DGAL N2011-8117 le dit expressément : leur durée de vie est déterminée par l’exploitant et doit être fixée sur des bases scientifiques permettant de s’assurer de sa validité.
Ce que l’exploitant décide
Il choisit la durée, la règle d’étiquetage, la température de stockage et la façon de contrôler. Ces choix s’écrivent dans le PMS et s’appliquent à toute l’équipe, en cuisine comme en salle.
Ce que l’exploitant ne peut pas faire
Prolonger une durée au-delà de la consigne du fabricant ou de la DLC d’origine sans justification, ni reporter une date sur une étiquette pour éviter une perte. Ces pratiques exposent à des sanctions et, surtout, à une intoxication.
Former l’équipe
Une règle que l’équipe ne connaît pas n’existe pas. Intégrez la gestion des entamés à l’accueil des nouveaux salariés, présenté dans notre guide recruter et organiser son équipe, et à votre planning de mise en place.
DLC secondaire : partir de la consigne du fournisseur
La consigne du fournisseur est le point de départ de toute durée après ouverture. L’Anses rappelle que le fabricant peut indiquer une durée de consommation après ouverture, par exemple deux ou trois jours.
Où trouver la consigne
Sur l’emballage, près de la date ou des conditions de conservation ; à défaut, dans la fiche technique du produit. Demandez systématiquement ces fiches à vos fournisseurs, comme pour les allergènes suivis dans votre registre des allergènes.
Une consigne, une condition
La durée après ouverture vaut pour la température de conservation indiquée par le fabricant. Elle n’est fiable que si la chaîne du froid est tenue et si le produit est refermé ou transvasé proprement.
Changement de fournisseur
Deux crèmes ou deux sauces proches peuvent avoir des consignes différentes. Chaque changement de référence, suivi dans votre politique d’achats, impose de relire la consigne.
Justifier une DLC secondaire sans consigne
Sans consigne du fabricant, l’exploitant doit fixer lui-même la durée et pouvoir l’expliquer. Deux voies existent : une durée courte et prudente, ou une durée validée par des éléments scientifiques.
La voie prudente
Retenez une durée courte, cohérente avec la nature du produit et sa catégorie de température, et ouvrez des conditionnements adaptés à votre débit. Écrivez le raisonnement dans le PMS : produit, risque principal, température, durée retenue.
La voie de l’étude
Une étude de vieillissement, conduite par un laboratoire, mesure l’évolution microbiologique du produit dans vos conditions. Pour les aliments prêts à consommer, le laboratoire européen de référence publie un guide technique sur Listeria.
Le danger Listeria
Listeria monocytogenes peut se multiplier au froid, ce qui rend la durée de stockage décisive. L’Anses lui consacre une fiche de description de danger et une page de prévention.
Fixer une DLC secondaire en 6 étapes
La méthode suivante permet d’établir une date d’utilisation interne pour chaque produit entamé de votre cuisine. Comptez une demi-journée pour un premier inventaire, puis quelques minutes par nouveau produit.
Lister les produits entamés
Recenser les produits ouverts, déconditionnés, décongelés ou transformés qui restent en stock entre deux services.
Relever la consigne fournisseur
Noter pour chacun la mention après ouverture de l’étiquette ou de la fiche technique, et sa température de conservation.
Justifier l’absence de consigne
Sans consigne, retenir une durée courte et prudente, ou s’appuyer sur une étude, et écrire le raisonnement.
Appliquer la règle du plus court
Comparer la durée après ouverture à la DLC d’origine et retenir toujours la date la plus proche.
Étiqueter à chaque ouverture
Inscrire produit, date d’ouverture, DLC secondaire et initiales, et garder l’identification d’origine.
Vérifier et réviser
Contrôler les étiquettes à chaque mise en place, jeter les produits échus et revoir le tableau à chaque changement de fournisseur.
Rattachez le résultat à vos fiches de production : notre modèle de fiche technique comporte une ligne de conservation où reporter la DLC secondaire.
Tableau DLC secondaire : produit, ouverture, consigne, justificatif
Ce tableau, proposé par la rédaction, est la ressource centrale de ce guide. Les lignes ci-dessous sont des exemples de structure : les durées sont à remplacer par la consigne réelle de vos fournisseurs ou par votre justification.
| Produit | Événement | Consigne ou règle retenue | Justificatif |
|---|---|---|---|
| Crème fraîche | Ouverture | Durée indiquée sur l’emballage, à +4 °C | Photo de l’étiquette |
| Ovoproduit liquide | Ouverture | Durée du fournisseur, à +4 °C au plus | Fiche technique |
| Jambon cuit tranché | Déconditionnement | Consigne du fabricant | Fiche technique |
| Filet de poisson | Décongélation | Règle écrite au PMS, à +2 °C | Analyse des dangers |
| Sauce maison | Fabrication | Durée fixée par l’exploitant | Raisonnement ou étude |
Comment remplir la colonne justificatif
Indiquez la source de la durée : référence de fiche technique, photo d’étiquette datée, page du PMS ou rapport d’étude. Un inspecteur doit pouvoir remonter de l’étiquette au justificatif.
Où ranger le tableau
Une version imprimée près des enceintes froides, une version maîtresse dans le PMS. Retrouvez nos autres grilles dans outils et modèles.
Vous construisez ou mettez à jour le plan de maîtrise sanitaire de votre restaurant ? Décrivez votre sujet, nous vous orientons vers un accompagnement adapté.
Être orientéÉtiqueter la DLC secondaire en cuisine
L’étiquette interne rend la date d’utilisation visible au moment où elle compte : quand un cuisinier prend le produit. Elle doit être lisible, posée à l’ouverture et compréhensible par tous.
Les mentions de l’étiquette
- Nom du produit et, si utile, fournisseur ou lot.
- Date et heure d’ouverture, de décongélation ou de fabrication.
- DLC secondaire retenue, en clair.
- Initiales de la personne qui a ouvert.
Garder l’identification d’origine
Le GBPH Restaurateur demande de conserver les informations d’identification des viandes, poissons, fruits et légumes pendant toute leur détention, même après ouverture. Conservez l’étiquette d’origine ou sa photo.
Nous ne publions volontairement aucun tableau de durées après ouverture par produit. Ces listes génériques, copiées d’un PMS à l’autre, donnent une fausse sécurité : la durée dépend de la recette du fabricant, de son conditionnement et de votre chaîne du froid.
Une durée après ouverture n’est défendable que si elle renvoie à une consigne ou à une justification écrite. En cas de doute, raccourcir la durée et réduire la taille des conditionnements coûte toujours moins cher qu’un incident.
La rédaction du Guide des Restaurateurs
Code couleur
Un code couleur par jour de la semaine aide le repérage, mais ne remplace pas la date écrite. Gardez la date en clair sur chaque étiquette.
DLC secondaire et températures de conservation
Une durée après ouverture n’a de sens qu’à une température donnée. L’annexe I de l’arrêté du 21 décembre 2009 fixe les maximums applicables en restauration.
| Denrée | Température maximale |
|---|---|
| Viandes hachées | +2 °C |
| Poissons frais, produits de la pêche décongelés non transformés | +2 °C |
| Préparations culinaires élaborées à l’avance | +3 °C |
| Préparations de viandes, volailles, ovoproduits | +4 °C |
| Autres denrées très périssables | +4 °C |
| Denrées périssables | +8 °C |
Mesurer plutôt que supposer
Relevez les températures des enceintes chaque jour et étalonnez les thermomètres. Le choix et l’implantation des équipements froids sont traités dans notre guide d’implantation de cuisine.
Ouvertures de porte et surcharge
Une chambre froide trop pleine ou ouverte en permanence pendant le service dépasse vite ses consignes. Rangez les entamés à l’avant, dans des contenants fermés et étiquetés.
DLC secondaire des préparations maison
Les fonds, sauces, garnitures et desserts préparés à l’avance reçoivent eux aussi une date d’utilisation interne, qui part de leur date de fabrication. Pour eux, il n’existe pas de consigne fournisseur : la durée relève entièrement de l’exploitant.
Le repère des trois jours
En restauration collective, la note DGAL N2011-8117 prévoit que la durée de vie d’une préparation élaborée à l’avance ne peut excéder trois jours après celui de la fabrication, en l’absence d’études de durée de vie. Ce repère peut guider un restaurant commercial, à condition d’être justifié.
Refroidissement et stockage
La durée retenue suppose un refroidissement rapide et un stockage à +3 °C au plus. Un refroidissement lent consomme une partie de la marge de sécurité.
Ingrédients déjà entamés
Une préparation ne peut pas durer plus longtemps que l’ingrédient sensible le plus court qu’elle contient, sauf traitement qui le justifie, comme une cuisson. Notez-le dans la fiche technique.
Produits décongelés et DLC secondaire
La décongélation ouvre une nouvelle durée de vie, souvent courte. Le produit décongelé se conserve comme un produit frais de sa catégorie, avec une date limite écrite.
Pas de recongélation par principe
Selon la note DGAL N2011-8117, un produit congelé puis décongelé ne peut être recongelé sans traitement que si l’analyse des dangers en apporte la preuve, et cette possibilité ne concerne pas les produits surgelés.
Décongeler au plus près du besoin
Décongelez en enceinte froide, par petites quantités, en fonction des prévisions de couverts. La prévision s’appuie sur votre historique de ventes, accessible dans votre logiciel de caisse.
Poisson servi cru
Le poisson servi cru ou peu cuit fait l’objet d’une congélation à cœur à −20 °C pendant au moins 24 heures, selon le GBPH. La durée d’utilisation court ensuite depuis la décongélation.
Tracer la DLC secondaire dans le PMS
La gestion des entamés fait partie des bonnes pratiques d’hygiène décrites dans le plan de maîtrise sanitaire. Le PMS doit dire qui la fixe, comment, sur quelle base et comment elle est contrôlée.
Ce que le PMS doit contenir
- La procédure de gestion des produits entamés.
- Le tableau produit, ouverture, consigne et justificatif.
- Le modèle d’étiquette interne.
- Les enregistrements de température et de destruction.
Traçabilité amont
Le règlement (CE) 178/2002 impose de pouvoir identifier vos fournisseurs. Garder l’étiquette d’origine relie le produit entamé à son lot en cas d’alerte.
Enregistrer les destructions
Notez les produits jetés à date échue. Ce registre sert à la fois au PMS et au pilotage des pertes.
DLC secondaire et contrôle sanitaire
Lors d’un contrôle, la gestion des entamés se vérifie très concrètement : un produit entamé sans étiquette, ou avec une date dépassée, se voit immédiatement. Le partage des contrôles entre services est présenté par le ministère de l’Agriculture.
Préparer les preuves
Ayez à portée de main le tableau, les fiches techniques et les relevés de température. La réglementation sur l’hygiène des aliments repose sur la responsabilité de l’exploitant : c’est à lui de démontrer sa maîtrise.
Publicité des résultats
Les résultats des contrôles officiels sont publiés via le dispositif Alim’confiance. Une cuisine bien étiquetée fait partie d’une bonne tenue d’ensemble.
Labels et démarches qualité
Les démarches comme le titre de maître restaurateur supposent aussi une hygiène maîtrisée.
DLC secondaire, food cost et gaspillage
Une date d’utilisation mal gérée coûte deux fois : en risque sanitaire et en produits jetés. Bien gérée, elle réduit les pertes d’entamés, un poste souvent sous-estimé du coût matière.
Mesurer les pertes d’entamés
Pesez ou comptez les produits jetés pendant quelques semaines, comme le propose notre guide pour mesurer le gaspillage en cuisine. L’écart se retrouve dans votre food cost réel.
Agir sur les conditionnements
Acheter plus petit coûte parfois plus cher au kilo, mais moins cher en pertes. Comparez les deux dans votre suivi de gestion et rentabilité. Les dates de conservation sont aussi expliquées par le ministère de l’Agriculture.
Ne jamais prolonger
Réduire le gaspillage ne passe jamais par l’allongement d’une durée. La seule marge de manœuvre est en amont : quantités, conditionnements et organisation.
Exemple chiffré de DLC secondaire
Données fictives : une crème porte une DLC au 6 novembre et la consigne de consommer sous 3 jours après ouverture. Ouverte le 2 novembre, sa DLC secondaire est le 5 novembre. Ouverte le 4 novembre, la consigne mènerait au 7 : on retient le 6, la date d’origine étant plus proche.
Côté pertes, un restaurant fictif jette 9 contenants entamés par semaine, à 3,80 € HT en moyenne : 9 × 3,80 × 52 = 1 778,40 € HT par an. Avec des conditionnements adaptés et un étiquetage systématique, il descend à 3 contenants : 592,80 € HT.
L’économie atteint 1 185,60 € HT par an, soit une baisse de 66,7 % des pertes d’entamés, sans allonger aucune durée.
Ce que l’exemple enseigne
La règle du plus court protège dans tous les cas. Et les économies viennent de l’organisation, pas des dates. Les achats en conséquence se pilotent dans le dossier achats et équipement.
Un contrôle approche ou vos pertes d’entamés augmentent ? Présentez votre situation, nous vous orientons vers un accompagnement adapté.
Décrire ma situationDLC secondaire : erreurs fréquentes et points de vigilance
- Copier un tableau générique. Une durée sans lien avec la consigne de votre fournisseur n’est pas défendable.
- Dépasser la date d’origine. Une durée après ouverture ne prolonge jamais la DLC du produit fermé.
- Jeter l’étiquette d’origine. Sans elle, la traçabilité du lot est perdue en cas d’alerte.
- Oublier la température. Une enceinte trop chaude rend toute DLC secondaire fausse.
- Réétiqueter pour éviter de jeter. C’est la faute la plus grave, sanitaire et juridique.
Les durées citées sont des exemples ou des repères issus des textes. Elles ne remplacent ni la consigne de votre fournisseur, ni l’analyse des dangers de votre établissement, ni l’avis d’un professionnel de l’hygiène alimentaire.
Pour l’organisation de la salle et de la cuisine autour de ces règles, voir aussi notre checklist de mise en place et le dossier cuisine, carte et service.
Questions fréquentes sur la DLC secondaire
Qu’est-ce qu’une DLC secondaire ?
C’est la date limite d’utilisation qu’un restaurant attribue à un produit après l’ouverture de son emballage, après sa décongélation ou après sa transformation en cuisine. Elle remplace la date du fabricant, qui ne vaut que pour le produit fermé et conservé selon ses consignes. Elle se fixe à partir d’une consigne ou d’une justification, puis s’écrit sur une étiquette interne.
Qui fixe la DLC secondaire dans un restaurant ?
L’exploitant, sous sa responsabilité. Il s’appuie d’abord sur la consigne du fabricant après ouverture lorsqu’elle existe. À défaut, il fixe une durée sur des bases qu’il peut justifier, comme le demande la note de service DGAL N2011-8117 pour les préparations élaborées à l’avance, puis il l’inscrit dans son plan de maîtrise sanitaire.
La DLC du fabricant reste-t-elle valable après ouverture ?
Non. Le ministère de l’Économie et l’Anses rappellent qu’une fois le produit ouvert, la DLC imprimée n’est plus valable : il faut suivre les recommandations du fabricant, par exemple une mention du type à consommer dans les X jours après ouverture. La date d’origine reste toutefois une borne : la rédaction recommande de ne jamais la dépasser.
Existe-t-il une liste réglementaire des DLC secondaires ?
Non. Aucun texte ne publie de durée après ouverture par produit. Le guide de bonnes pratiques d’hygiène du restaurateur montre d’ailleurs la variabilité : pour les ovoproduits entamés, la durée indiquée va de 24 heures à 6 jours selon les fournisseurs. Les tableaux génériques qui circulent ne remplacent pas la consigne de votre fournisseur.
Que faire si le fournisseur n’indique aucune durée après ouverture ?
Demandez d’abord sa fiche technique : la consigne y figure souvent. Sans réponse, fixez une durée courte, cohérente avec la nature du produit et sa température de conservation, et justifiez-la dans votre PMS. Pour une durée plus longue, il faut des éléments scientifiques, comme une étude de vieillissement réalisée par un laboratoire.
Quelle durée de vie pour une préparation faite à l’avance ?
Pour la restauration collective, la note de service DGAL N2011-8117 prévoit que la durée de vie d’une préparation culinaire élaborée à l’avance ne peut excéder trois jours après celui de la fabrication en l’absence d’études de durée de vie. La note ne fixe pas de règle propre à la restauration commerciale : ce repère prudent peut être repris dans votre PMS, à condition de l’y justifier.
Quelles mentions écrire sur l’étiquette interne ?
Au minimum : le nom du produit, la date d’ouverture ou de fabrication, la date limite retenue et les initiales de la personne. Ajoutez la référence au lot ou à l’étiquette d’origine pour la traçabilité. Le guide de bonnes pratiques du restaurateur recommande d’inscrire la date d’ouverture sur l’emballage quand c’est possible.
Faut-il conserver l’étiquette d’origine du produit ?
Oui. Le guide de bonnes pratiques d’hygiène du restaurateur indique que les informations d’identification des viandes, poissons, fruits et légumes doivent être conservées pendant toute la détention du produit, même après ouverture. La note DGAL N2011-8117 le prévoit aussi pour les denrées déconditionnées, jusqu’à ce que le produit soit intégralement utilisé ou vendu.
À quelle température conserver un produit entamé ?
À la température indiquée par le fabricant, sans dépasser les maximums de l’annexe I de l’arrêté du 21 décembre 2009 : +4 °C pour les autres denrées très périssables, +8 °C pour les denrées périssables, +3 °C pour les préparations culinaires élaborées à l’avance, +2 °C pour le poisson frais. Une enceinte trop chaude fausse toute durée après ouverture.
Un produit décongelé peut-il être recongelé ?
En principe non. Selon la note DGAL N2011-8117, un produit congelé puis décongelé ne peut être recongelé sans traitement que si l’analyse des dangers en apporte la preuve, et cette possibilité ne concerne pas les produits surgelés. Fixez donc une date limite après décongélation et organisez la décongélation au plus près du besoin.
La DLC secondaire concerne-t-elle les produits à DDM ?
Oui, dès que l’ouverture change les conditions de conservation. Une sauce, une conserve ou un produit laitier longue conservation portent souvent une consigne du type à conserver au réfrigérateur après ouverture. Le ministère de l’Économie rappelle que la DDM est indicative pour le produit fermé ; après ouverture, c’est la consigne du fabricant qui s’applique.
Où trouver les résultats des contrôles sanitaires ?
Les résultats des contrôles officiels de sécurité sanitaire des aliments sont publiés sur le dispositif Alim’confiance, présenté par le ministère de l’Agriculture. Un établissement y apparaît avec un niveau d’hygiène. Préparer ses étiquettes, son tableau des durées et ses justificatifs fait partie de la tenue normale du plan de maîtrise sanitaire.
Comment réduire le gaspillage lié aux DLC secondaires ?
Ouvrez des conditionnements adaptés à votre débit, appliquez le premier entré, premier sorti, et rangez les produits entamés à l’avant. Mesurez les pertes d’entamés pendant quelques semaines : c’est souvent là que se cachent les écarts entre food cost théorique et réel. Ne prolongez jamais une durée pour éviter de jeter.
Être orienté sur vos DLC secondaires
Plan de maîtrise sanitaire, durées de vie, étiquetage, préparation d’un contrôle : décrivez votre sujet, nous vous orientons vers un accompagnement adapté.
Sources
- EUR-Lex — Règlement (CE) 852/2004 relatif à l’hygiène des denrées alimentaires
- EUR-Lex — Règlement (CE) 178/2002, principes de la législation alimentaire
- EUR-Lex — Règlement (UE) 1169/2011, information des consommateurs
- Légifrance — Arrêté du 21 décembre 2009, règles sanitaires du commerce de détail
- Légifrance — Arrêté du 21 décembre 2009, annexe I, températures de conservation
- Légifrance — Arrêté du 7 mai 2020 modifiant l’arrêté du 21 décembre 2009
- Ministère de l’Agriculture — Note de service DGAL/SDSSA/N2011-8117
- Ministère de l’Agriculture — Guides de bonnes pratiques d’hygiène
- Ministère de l’Agriculture — Guide de bonnes pratiques d’hygiène du restaurateur
- Ministère de l’Agriculture — La réglementation sur l’hygiène des aliments
- Ministère de l’Agriculture — Sécurité des aliments : qui contrôle quoi ?
- Ministère de l’Agriculture — Le dispositif Alim’confiance
- Ministère de l’Agriculture — DLC, DDM : quelle différence ?
- Ministère de l’Agriculture — Tout savoir sur les dates limites de consommation
- Ministère de l’Agriculture — Infographie sur les dates de conservation
- DRAAF Auvergne-Rhône-Alpes — Les dates de consommation
- Ministère de l’Économie — DLC et DDM : quelles différences ?
- DGCCRF — Date limite de consommation et date de durabilité minimale
- Ministère de l’Économie — La date de durabilité minimale mieux explicitée
- Anses — Date limite de consommation et date de durabilité minimale
- Anses — Fiche de description de danger biologique, Listeria monocytogenes
- Anses — La listériose et comment s’en prémunir
- Commission européenne — Guide technique du laboratoire de référence sur Listeria
- EFSA — L’étiquetage des dates sur les denrées alimentaires
Historique des mises à jour — 1er novembre 2026 : première publication.